Chloramines en piscine : ce qu'elles sont et comment s'en débarrasser

Les chloramines sont des composés azotés qui se forment quand le chlore réagit avec les matières organiques apportées par les baigneurs : sueur, urine, crème solaire. Ce ne sont pas elles qui sentent le chlore fort, contrairement à une idée reçue. L’odeur caractéristique des piscines indoor est justement le signe d’une concentration élevée de chloramines. Une eau bien traitée ne sent quasiment rien.

Effets sur la santé et seuils réglementaires

À forte concentration, les chloramines en piscine irritent les muqueuses oculaires et respiratoires. Les nageurs réguliers, les maîtres-nageurs et les jeunes enfants sont les plus exposés. En France, la réglementation fixe un seuil de 0,6 mg/L de chloramines combinées dans l’eau des piscines publiques. Au-delà, des mesures correctives sont obligatoires. Une étude publiée en 2010 dans la revue Environmental Health Perspectives a établi un lien entre l’exposition répétée aux chloramines en piscine couverte et une sensibilisation accrue des voies respiratoires chez les nageurs compétiteurs.

La mesure se fait avec un photomètre spécifique ou des bandelettes adaptées. Un simple testeur de chlore libre ne suffit pas : il faut mesurer séparément le chlore total et le chlore libre pour calculer la teneur en chlore combiné (qui correspond aux chloramines). Cette distinction est souvent ignorée par les propriétaires de piscines privées, qui pensent à tort que leur eau est propre parce que la teneur en chlore libre est correcte.

Solutions pour réduire les chloramines

La méthode classique est le choc au chlore (surtraitement), qui décompose les chloramines en azote gazeux. Il faut alors aérer le bassin et laisser le taux de chlore libre redescendre avant la baignade. D’autres solutions existent : le brome (moins volatile que le chlore), le traitement UV (qui détruit les chloramines sans apport chimique) ou l’électrolyse au sel, qui génère du chlore à la demande en quantités plus maîtrisées.

La meilleure prévention reste comportementale : se doucher avant d’entrer dans l’eau réduit de 70 à 80 % les apports de matières organiques selon les études. Cette règle, affichée dans toutes les piscines publiques, est rarement respectée. Pour les baigneurs sensibles, la piscine naturelle élimine le problème à la source : sans chlore, pas de chloramines, et une eau que les personnes allergiques supportent généralement très bien.

Si vous gérez une piscine privée et souhaitez contrôler votre niveau de chloramines, des kits de mesure professionnels sont disponibles pour moins de 100 €. Un contrôle mensuel pendant la saison de baignade suffit pour détecter tout dérive avant qu’elle ne devienne gênante pour les baigneurs. La fréquence du choc préventif dépend de l’intensité de l’utilisation : un bassin utilisé quotidiennement par 4 à 6 personnes nécessite généralement un traitement toutes les deux à trois semaines en juillet-août.

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